A Limeuil,
chez le souffleur de verre, le four incandescent ronfle, la gueule
grande ouverte. La pâte brûlante,
rougeoyante, qui s'étire comme de la guimauve, y est prélevée au
bout d'une sorte de long chalumeau et façonnée en carafes au long
col gracieux, en flacons précieux d'un bleu profond et chatoyant ou
d'un vert jade strié de veines laiteuses, en coupes élégantes ou en
bougeoirs à l'ancienne. C'est fascinant de regarder le souffleur en
pleine action et d'admirer son adresse à modeler cette pâte qui prend
docilement toutes les formes qu'il veut lui donner. Il fait penser à un
alchimiste qui transformerait le magma en objets brillants et colorés.
On en est tout ébloui
Non loin de là, en vous promenant dans le silence d' une chaude
Journée d' été, vous entendrez le gling
! gling ! gling ! sonore et chantant que fait le marteau en frappant sur
l'enclume. Dans son atelier le forgeron, ceint de son tablier de cuir,
les bras nus, actionne le grand soufflet qui porte au rouge les tisons
du foyer. La barre de fer qu'il tient au bout de ses pinces est chauffée
à blanc. Sous les coups de son marteau qui chante gaiement, gling !
gling !, elle deviendra lampe ou candélabre, ferrure de porte ou chenet.
Cela sent bon le métal chaud et c'est un grand plaisir de retrouver,
en regardant le forgeron travailler, ces gestes et ces bruits
d'autrefois dont on a l'impression de se souvenir, tellement ils sont
ancrés dans notre mémoire.
Dans
cette ancienne rue, un orfèvre avec presque les mêmes moyens que
jadis, crée et réalise des bijoux
en argent massif. Les outils sont plus petits que chez le forgeron mais
le martelage, la soudure, le ponçage sont similaires. Ces objets aux
designs surprenants sont agréables à porter aussi bien par les
femmes que par les hommes, qui auront le sentiment d'être possesseur
d'une pièce unique.
Tout
près du village, sur la route qui mène au Bugue, on découvre un
jardin extraordinaire, unique
en France, le Jardin-Musée. Ses créateurs y ont amoureusement et
savamment reconstitué une sorte d'histoire de l'humanité à travers
les plantes. C'est ainsi
qu' on y apprend ce que mangeaient I 'homme préhistorique, celui du néolithique
et «nos ancêtres les gaulois», déjà bon cultivateurs; on y visite un
jardin de moines du XIIé siècle, riche en plantes potagères et médicinales,
puis un jardin Renaissance, plus frivole, avec des fleurs pour flatter
l' oeil, mais aussi les tomates, maïs, topinambours et tournesols
rapportés du Nouveau Monde. Enfin, pour terminer une visite
passionnante,
en guise de bouquet final coloré et extravagant, c'est le «jardin
d'un curieux» : on y admire, étonné, l'éponge végétale, le
bananier, la courge carotte géante, l' aubergine - oeuf, les taros, les
ignames, le piment cerise, etc. ..De quoi vous mettre l'eau à la bouche.
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